Elmore Leonard_Michel Gueorguieff

Avec Elmore Leonard, c’est un grand du polar et du western qui nous a quittés dans la sinistrée Detroit, en plein mois d’août.

  • Né en 1925 à la Nouvelle-Orléans, Elmore Leonard (surnommé « Dutch ») se consacre entièrement à l’écriture à partir de 1967 après avoir travaillé dans la publicité et publié un certain nombre de « pulps » et western à forte portée sociale, comme le célèbre 3:10 for Yuma (1953) qui inspira le film de Delmer Daves. Il s’attelle alors à l’écriture de nouvelles et romans policiers ayant pour cadre la ville de Detroit, où il s’est installé, et offrant une description très détaillée de l’Amérique sociale de l’époque. Paiement cash (Fifty-two pickup, 1974) est le premier volet de ce cycle, qui s’achèvera avec La Loi de la cité, en 1980. Il arrête l’alcool, et la Floride devient le nouveau cadre de ses intrigues, où mafieux, bookmakers, braqueurs de banques, plongeurs acrobatiques professionnels… forment des personnages truculents. Parmi les romans de la période, citons La Brava (1983), ou Maximum Bob (1991). Son art atteint ensuite des sommets avec un cycle consacré à Miami (Beyrouth-Miami, 1995…), la reconnaissance critique et publique, une production  conséquente à raison d’un livre par an, et les yeux doux du cinéma. Il achevait le 46ème quand la mort l’a emporté.

« Elmore Leonard est un grand maître du genre. Son écriture ne ressemble à aucune autre. Sans temps mort, ni digression, ses romans évitent les clichés, les images ou les métaphores, et s’attachent aux dialogues, qualités qui font aussi de lui un scénariste très apprécié à Hollywood. » (Claude Mesplède, in Dictionnaire des littératures policères, 2003).

… Et l’auteur préféré de Quentin Tarantino, amateur de dialogues ciselés, qui fit de Rum Punch (1992), une superbe adaptation : Jackie Brown !

A lire :
  • Michel Gueorguieff, créateur et organisateur du festival international du roman noir de Frontignan, premier festival du genre en France encore en activité, a rejoint Elmore Leonard et James Crumley qu’il admirait tant, et qu’il avait réussi à faire venir dans la petite cité languedocienne. Le monde du polar est triste mais l’image de cet homme plein de passion, de générosité et de conviction, véritable découvreur de talents et grand amoureux du roman noir, nous accompagnera encore très longtemps.
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